Quand Leïla Shahid dérape, elle aussi...
Lors d'un chat (ou clavardage en québécois) organisé par l'excellent site (sisi j'insiste) du Monde, Leïla Shahid a dérapé, elle aussi, sur la Seconde Guerre Mondiale. La glissade délirante sur ce thème est très en vogue en ce moment. A croire que dans la commémoration actuelle du soixantième anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz-Birkenau, certains ne retiennent que le mot "anniversaire" et se croient obliger d'en faire une farce...
La représentante de l'Autorité palestinienne en France, qu'on ne peut pourtant pas soupçonner d'antisémitisme, a répondu ainsi à une question portant sur le mur de séparation entre la Cisjordanie occupée et Israël : "Les raisons de la violence en Palestine viennent de l'occupation militaire. Il faut mettre fin à cette occupation, qui dure depuis trente-huit ans. Lorsqu'on pense que l'occupation allemande de la France a duré quatre ans, vous imaginez ce que 7 fois plus signifie pour la population palestinienne, dont au moins trois générations ont vécu sous l'humiliation et sans liberté. Ce n'est pas un mur qui amènera la sécurité légitime au peuple israélien, mais une paix bâtie sur la justice et le droit." Si la dernière phrase est frappée au coin du bon sens, la comparaison avec l'occupation allemande est odieuse. Elle choque des internautes, auxquels Mme Shahid répond ainsi : "Toutes les occupations du monde sont des occupations illégitimes. Et toutes les occupations génèrent des résistances. L'occupation israélienne est illégitime, comme l'occupation allemande l'était. Cela ne veut pas dire que les causes ou les conséquences aient été semblables. Mais il est primordial de comprendre qu'on ne peut pas faire de l'occupation israélienne des territoires palestiniens une occupation légitime. Sinon, on justifierait l'injustifiable."
Si l'occupation israélienne est illégitime, elle n'a évidemment rien à voir avec la période de l'Occupation. Mais, le but est de frapper les esprits avec l'équation "Occupation israélienne = 7 x Occupation allemande". Imaginez donc : sept fois plus de déportations, d'exécutions sommaires, de massacres, de viols, de spoliations ! Selon cette rengaine persistante, les victimes d'hier (les Juifs) sont devenues aussi (à moins que ce soit sept fois plus) cruelles que leurs propres bourreaux (les Allemands). Leïla Shahid a raison de s'inquiéter. Avec ce genre de dérapage [contrôlé ? Un débat à suivre dans les commentaires], elle justifie l'injustifiable.
La représentante de l'Autorité palestinienne en France, qu'on ne peut pourtant pas soupçonner d'antisémitisme, a répondu ainsi à une question portant sur le mur de séparation entre la Cisjordanie occupée et Israël : "Les raisons de la violence en Palestine viennent de l'occupation militaire. Il faut mettre fin à cette occupation, qui dure depuis trente-huit ans. Lorsqu'on pense que l'occupation allemande de la France a duré quatre ans, vous imaginez ce que 7 fois plus signifie pour la population palestinienne, dont au moins trois générations ont vécu sous l'humiliation et sans liberté. Ce n'est pas un mur qui amènera la sécurité légitime au peuple israélien, mais une paix bâtie sur la justice et le droit." Si la dernière phrase est frappée au coin du bon sens, la comparaison avec l'occupation allemande est odieuse. Elle choque des internautes, auxquels Mme Shahid répond ainsi : "Toutes les occupations du monde sont des occupations illégitimes. Et toutes les occupations génèrent des résistances. L'occupation israélienne est illégitime, comme l'occupation allemande l'était. Cela ne veut pas dire que les causes ou les conséquences aient été semblables. Mais il est primordial de comprendre qu'on ne peut pas faire de l'occupation israélienne des territoires palestiniens une occupation légitime. Sinon, on justifierait l'injustifiable."
Si l'occupation israélienne est illégitime, elle n'a évidemment rien à voir avec la période de l'Occupation. Mais, le but est de frapper les esprits avec l'équation "Occupation israélienne = 7 x Occupation allemande". Imaginez donc : sept fois plus de déportations, d'exécutions sommaires, de massacres, de viols, de spoliations ! Selon cette rengaine persistante, les victimes d'hier (les Juifs) sont devenues aussi (à moins que ce soit sept fois plus) cruelles que leurs propres bourreaux (les Allemands). Leïla Shahid a raison de s'inquiéter. Avec ce genre de dérapage [contrôlé ? Un débat à suivre dans les commentaires], elle justifie l'injustifiable.


9 commentaires:
dérapage ou dérapage contrôlé?
il semble légitime de se poser cette question lorsque l'on sait que l'OLP a longtemps fait sienne cette thématique: les victimes d'hier sont devenues les bourreaux d'aujourd'hui.
Idéologie simpliste et potentiellement négationniste: si l'occupation israélienne, toute discutable qu'elle soit- et elle l'est, évidemment, à condition toutefois, pour le faire, de la replacer dans un contexte historique, dans l'Histoire, celle des guerres israélo-arabes notamment- si cette occupation équivaut à l'occupation allemande, alors l'occupation allemande ne fut qu'un conflit territorial.
Car, n'en déplaise à Mme Shahid (que l'on a connue plus inspirée quant à la dynamique de paix, notamment lorsqu'elle s'entretenait avec Elie Barnavi), il n'y a pas de génocide en Palestine. Il y a une guerre.
Il n'est pas ici question de juger en quelques lignes les actions de l'Etat israélien et celles de l'Autorité Palestinienne (ou ses non-actions). On n'est pas au comptoir d'un bar.
Reste toutefois que le discours de Leïla Shahid est pour le moins douteux et rejoint assez certainement, dans les effets, celui de M Le Pen, dont l'action politique, dont les dérapages négationnistes maîtrisés, visaient et visent encore à faire sauter le verrou de la Shoah, et ainsi rendre l'extrême droite française, discréditée après guerre par la Shoah, à nouveau fréquentable. Sans la Shoah, la référence au nazisme, à la xénophobie, à l'antisémitisme et au racisme les plus primaires redevient possible pour l'extrême droite française.
Ce n'est certes pas le but de Mme Shahid, ni de l'OLP, qui, d'une certaine manière, ont besoin de la Shoah pour pratiquer cette inversion victimaire et appliquer leur rhétorique douteuse: à la Shoah correspond la Nakba ("catastrophe"), les Palestiniens sont maintenant les vraies victimes et les Israéliens les nouveaux allemands-bourreaux.
C'est, nous le comprenons, un discours visant à la légitimation de l'action palestinienne.
C'est un discours dont les Palestiniens n'ont pas besoin. C'est un discours qui les dessert.
C'est un discours inacceptable par le négationnisme qu'il porte virtuellement, et par les symboles qu'il charrie, ceux de la destruction de six millions de Juifs.
Ce n'est pas un discours de paix mais un discours de haine.
Nul aujourd'hui n'en a besoin.
scool
Je suis d'accord avec ton analyse fine et réfléchie, Mister Scool. Même s'il est abusif de parler de négationnisme que ce discours porte virtuellement (Leila Shahid ne met pas en doute l'extermination des Juifs), elle alimente l'idée qu'il y a génocide en Palestine, ce qui n'est évidemment pas le cas.
très cher, désolé d'y revenir, et je suis d'accord avec toi sur ce qui dit L Shahid. Sauf que la face opposée de son discours est bien négationiste.
En effet, Mme Shahid nous dit:
occupation israélienne= occupation allemande
donc:
-soit elle reconnaît la Shoah et donc veut nous dire qu'il y a un génocide en Palestine. (C'est son cas, d'accord avec toi, mais si le génocide c'est ça, alors la Shoah n'a pas été ce que l'on en dit...). Ce qui pose quand même problème.
-soit, et c'est là que son discours est particulièrement pervers:
si pas de génocide en Palestine alors, pas de Shoah. Car il faut bien, si l'on suit ce qu'elle dit, que:
occupation israélienne= occupation allemande. Ce n'est pas sa thèse, c'est celle de l'extrême droite (voire celle de l'ultra gauche). C'est le revers de sa thèse.
Reste à ajouter que bien souvent, et de manière assez paradoxale, les deux faces cette thèse se mêlent.
La haine n'est pas toujours logique dans ses raisonnements même si elle poursuit la même logique.
scool
Tu vas un peu loin dans l'analyse logique d'un discours politique qui est certes calculé du point de vue politique - pour marquer les esprits français - mais ce n'est pas le même but que l'extrême-droite (mais peut-être celui de l'extrême-gauche). Son discours est, selon moi, destiné à créer la confusion dans les esprits en France, à instiller un peu plus l'idée que les Israéliens se comportent avec les Palestiniens comme les Allemands se sont comportés avec les Juifs. Pour l'extrême-droite, l'ennemi est avant tout l'Arabe, et en second lieu le Juif (cf. L'interview de Jean-Yves Camus : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-395251,0.html).
Pour l'extrême-gauche (enfin une partie d'entre elle), l'ennemi c'est l'Israélien. On retrouve le même discours chez les Euro-Palestine (même s'ils ont fait un peu le ménage dans leurs rangs, avec le départ de Dieudonné et autre Soral). Cela n'en fait pas pour autant des négationnistes.
7*4=28......
marius (http://sebilo.free.fr)
Oui, en effet, merci pour cette contribution mathématiquement correcte. ;-)
Je pense qu'il ne faut pas tout mélanger. L Shahid ne parle ni des deportations, ni de la Shoah, mais de l'occupation, ce qui est tout de meme different (ps: lire le dictionnaire), pourquoi elle choisit l'occupation allemande, pour la simple raison que c'est la seule occupation que la france a connu et donc la seule reference de presence militaire étrangère que les français aient a leur disposition. Tout celà n' a rien a voir avec dieudonné ou les clivages politiques français..
je pense plutot que si elle evoque l'occupation allemande, c'est pour se refferer a ce que nous connaisons, aux recits de nos grands parents,... Parce qu'en Europe ou ailleurs quand l'on parle d'occupation israelienne on a dut mal a se faire une idée. On parle beaucoup de ce conflit, mais pourquoi ne pas montrer une bonne fois pour toute le quotidien d'un habitant de qualkilia par exemple(pas sur de l'ortographe...;-))Cela ne dure pas longtemps, une incursion le matin un enorme detour ridicule pour pouvoir aller travailler, des controles syshématiques, un checkpoint,... et hop ce serait deja pas mal, et apres on passe à autre chose! ok! Mais non on peut pas! On peut montrer ca, admettre que cela existe, apellons un chat un chat! L'occupation existe bel et bien! Admettons le! Ca serait deja un grand pas! Apres qu'elle se justifie ou non, c'est autre chose. J'y suis allé, et oui cela ft penser a certaines choses que nos grands parents ont connus mais d'un point de vue concret, materiel, de la vie de tout les jours... evidemment ce n'est pas la même chose. Les filles d'attente, les soldats partout, les enfants qui ne peuvent pas sortir, le rationnement de l'eau...cela ft penser à quoi? à pleins d'endroits dans le monde! et heureusement, en Europe, il faut remonter à loin pour retrouver la même chose...
Je tire chapeau à Mme Shahid. L'occupation israélienne est encore plus abjecte que toute autre occupation. Ce que vivent les Palestiniens est révoltant! Tsipi Livni est une criminelle qui a sa place devant un tribunal international.
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