vendredi, décembre 10, 2004

"Six Feet Under" bientôt six pieds sous terre


Voilà, c'est fini. Sniff... C'était pourtant bien.

Enfin, c'est presque fini. A la fin de la cinquième saison, fin 2005, "Six Feet Under", la série absolument géniale qui narre les tribulations glauques d'une famille de fossoyeurs à Los Angeles, pourra enfin reposer en paix.

"Traiter de la mort semblait une expérience très commune à laquelle nous pouvions tous nous identifier, et le décor mortuaire des pompes funèbres paraissait être un bon biais pour une série plutôt ironique"
, déclarait Carolyn Strauss, directrice du divertissement chez HBO, la chaîne qui produit et diffuse la série aux Etats-Unis, il y a un mois.

Pour l'ironie, on était servis ! Le tout début de la série était digne des meilleures comédies dramatiques et caustiques américaines. L'entreprise familiale de pompes funèbres Fisher & Sons perd son fondateur : le père. Sa disparition va bousculer le statu quo familial et inciter chacun des Fisher à se révéler.

La mère très prude en apparence, est en fait une veuve joyeuse dont on apprend vite qu'elle avait un amant, avant le décès de son mari, amant qu'elle s'empresse de quitter pour s'envoyer le fleuriste... L'un des deux fils, religieux très pratiquant et engagé dans la vie de sa paroisse, a du mal à assumer son homosexualité, tandis que l'aîné, fils prodigue un peu largué, vit très mal le retour au bercail. Enfin, la benjamine des Fisher a son lot de vicissitudes, entre la drogue et des boyfriends qui vont clamer sur tous les toits qu'elle suce très bien... les gros orteils !

Et je ne vous parle que des Fisher, mais les personnages connexes sont tout aussi savoureux. Entre la copine nymphomane du fils prodigue et le copain flic - obsédé par son père - de l'autre Fisher, il y a de quoi faire. D'autant que les acteurs sont absolument excellents. La mère Fisher, l'excellente Frances Conroy, doit jouer dans le prochain Scorcese et Jarmusch. Rien que ça.

Sans même évoquer non plus, la sélection musicale, très pointue et faisant l'objet d'une attention toute particulière de la part des deux lascars qui en ont la charge. L'ensemble des morceaux sélectionnées sur les quatre saisons sont indiqués sur le très riche site d'un fan français. Le thème du générique, entêtant et onirique, a été composé par le grand Thomas Newman, qui a aussi composé la très belle BO d'"American Beauty".

Alors pourquoi arrêter une telle merveille du petit écran, qui n'avait pas fait mieux depuis Arnold et Willy ? Parce que la série s'essouffle. La deuxième saison était fabuleuse, la troisième vraiment pas terrible et la quatrième raisonnable, sans plus. Et puis tout a une fin, surtout pour une série qui parle sans cesse de la mort, comme le dit Alan Ball à MSNBC, créateur de la série et scénariste d'American Beauty. Un dialoguiste hors pair aussi :

- "Why do people have to die ?", demande une des clientes des Fisher, qui vient enterrer son père.
- "To make life important", lui répond l'un des fils Fisher.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je viens tout juste de terminer le visionnement de toutes les saisons. Je suis encore sous le choc de la magnificence du dernier épisode.... merveilleuse aventure que fut "Six feet under"...
Mes amitiés
annie